Correspondance passionnée d’Anaïs Nin et Henry Miller – jeudi 11 octobre et vendredi 12 octobre 2018 à 20h30

Le Tétardlecture théâtralisée

Correspondance passionnée d'Anaïs Nin et Henry Miller

Le Spectacle

Présentation et Résumé

Le récit d’un amour fou qui a duré, malgré les obstacles, pendant toute la vie de deux écrivains : Henry Miller, l’auteur des Tropique du Cancer et du Capricorne, et Anaïs Nin, l’une des premières femmes à écrire des ouvrages érotique. Leurs échanges épistolaire entre 1931 et 1953 et respectent une parfaite continuité narrative et prouvent qu’ils n’ont cessé de défier les conventions de l’époque. Ce spectacle permet de pénétrer « une époque captivante et d’approcher deux personnages exceptionnels unis dans une fidélité essentielle, physique, matérielle et littéraire ».

lecture théâtralisée Correspondance passionnée avec Françoise Cauwel et Laurant Moreau

Deux écrivains aiguisent leur art, nous donnent un récit parfois comique parfois érotique, toujours profond et émouvant depuis les jours tranquilles à Clichy, jusqu’à la redécouverte d’une Amérique financée par Anaïs.

 

Au-delà de la force démentielle de son amour, Henry Miller disait : « Je veux que les hommes et les femmes soient capables de penser le sexe , totalement, complètement, honnêtement et proprement. Seulement cela ne peut pas se faire si nous avons peur des mots »

 

Alors qu’il dit : « elle fut pour moi la personne la plus grande que j’ai connu, une de celles qu’on peut appeler une dame dévouée. Je lui dois tout. »

 

Elle, dit de lui : « Henry est entré dans mon être pour de bon, même au moment où je contemple avec sagesse la fin de notre amour les choses me paraissent comme si Henry allait faire partie de ma vie de longues années encore même s’il n’est mon amant que pendant quelques mois. »

 

Note d’intention

La découverte de la Correspondance Passionnée d’Anaïs Nin et Henry Miller – littéraire, passionnée, tumultueuse – a donné corps à notre envie de mêler nos voix et de partager la scène.

 

Passé l’émerveillement de la découverte, une des premières étapes a consisté à choisir une trentaine de lettres parmi les quelques 400 publiées. Choix difficile tant le matériau est riche. Nous avons retenu les lettres qui nous paraissaient les plus intenses, les plus fortes, les plus profondes, audacieuses, étonnantes et tout simplement les plus belles. Avec le souci de n’écarter aucune des thématiques récurrentes que nous avons repérées dans cette correspondance foisonnante : l’amour, la littérature, le désir et le sexe, l’argent, les conflits, l’alcool, les débordements, les réconciliations.

Il fallait bien évidemment s’assurer aussi de la cohérence et de la compréhensibilité de l’ensemble, s’agissant d’une correspondance qui s’étale sur 20 ans.

Il nous a paru évident que la priorité absolue devait être accordée au texte, et donc aux voix. Aussi, c’est avant tout par le son que nous avons choisi de transmettre au spectateur les différentes émotions qui nous ont saisis à la lecture des lettres d’Henry et Anaïs ; c’est par la voix que nous les incarnons. Dans cette optique, la nécessité d’un contrepoint musical s’est rapidement imposée. Grâce à sa grande sensibilité et à sa compréhension très fine des rapports entre les deux écrivains, la musicienne Virginie Pape a su parfaitement s’insérer dans ce dispositif et y apporter des indispensables respirations. Pour le paramètre visuel, il invite le spectateur, l’incite, l’aide à entrer dans la sphère de l’intime. Nous avons opté pour une mise en scène sobre et épurée, pour ainsi dire naturelle, qui ne parasite pas l’écoute et ne soit pas non plus redondante avec les mots.

 

L’équipe artistique

 

Françoise Cauwel Françoise Cauwel

Architecte DPLG puis professeur des écoles, Francoise Cauwel est surtout et sur tous les fronts une femme de culture. Elle a dirigé le festival des Nuits Auréliennes à Fréjus pendant dix ans, et a créé le festival les Nuits OFF. Artiste dans l’ âme, elle aime profondément la littérature et le théâtre et a tissé des liens amicaux avec les comédiens qu’elle admire Jean-Claude Dreyfus et Charles Berling. Elle a joué avec plusieurs compagnies amateurs, notamment, Les sœurs Donahut, une comédie britannique douce amère de Geraldine Aron et le fameux « Pour un oui pour un non, » de Nathalie Sarraute. Elle a participé à plusieurs lectures publiques : abracadabrantesque de Paul Louis Martin , Quoi de neuf Monsieur Noé , et Noé la Suite. Engagée dans l’action publique, elle met un point d’honneur à faire converger l’action artistique et l’action citoyenne.

 

Laurent Moreau Laurent Moreau

Comédien formé à l’AIT de Blanche Salant et Paul Weaver, on a pu le voir au théâtre notamment dans Caligula d’Albert Camus ou Une Traversée sans histoire de l’auteur marseillais Michel Dossetto (aux côtés d’Astrid Veillon).

Il est fréquemment au générique de séries et téléfilms français. Au cinéma, il tourne dans Travail d’Arabe de Christian Philibert. Son interprétation dans le court-métrage L’Âge adulte, de Pierre Daignières, a été primée.

Impliqué dans la formation des comédiens, il enseigne régulièrement à des groupes d’adultes au cours de stages ou ateliers.

 

Comme avant-goût…

 

Extrait de lettre d’Henry Miller

Le 4 mars 1932

Taverne scandinave, Paris sixième, 29 et 31, rue Vavin

Anaïs,

Trois minutes après votre départ. Non, impossible de le garder pour moi. Je vous dis ce que vous savez déjà : je vous aime. Voilà ce que j’essaye de détruire, encore et toujours. À Dijon, je vous écris de longues lettres passionnés–si vous étiez resté en Suisse, je vous les aurais envoyées – mais comment aurais-je pu vous les envoyer à Louveciennes ?

Anaïs, je ne peux pas dire grand chose maintenant. Je brûle de fièvre. Je pouvais à peine vous parler, j’étais sans cesse sur le point de me lever pour vous prendre dans mes bras. J’espérais que vous ne seriez pas obligée de rentrer chez vous pour le dîner–que nous aurions pu aller quelque part ensemble, dîner et danser. Vous dansez – j’en ai rêvé tant de fois : moi, dansant avec vous, ou bien vous seul dansant, la tête rejetée en arrière, les yeux mi-clos. Il faudra que vous dansiez pour moi aussi. C’est votre côté espagnol, le sang andalou distillé. Je suis assis à votre place maintenant, j’ai porté votre verre à mes lèvres. Mais j’ai la langue nouée. Ce que vous m’avez lu surnage en moi. Votre langue est tellement plus pénétrante que la mienne. Je suis un enfant, comparé à vous, parce que lorsque vous laisser parler le fond de votre ventre, celui-ci englobe tout – et c’est votre obscurité que j’adore. Vous aviez tort de croire que je n’appréciais pas la valeur littéraire. C’était un discours hypocrite. Je n’ai pas osé jusqu’à maintenant dire ce que je pensais. Mais je plonge – vous m’avez ouvert l’espace–je ne retiens plus rien. Sans que vous vous en rendez compte, je vivais sans cesse avec vous. Mais j’avais peur de le reconnaître – je pensais que vous prendriez peur. Aujourd’hui, j’avais l’intention de vous amener jusqu’à ma chambre pour vous montrer mes aquarelles. Mais cela m’a paru si sordide de vous conduire dans cette misérable chambre d’hôtel. Non je ne peux pas faire cela. C’est vous qui m’emmènerez quelque part – dans votre cabane, comme vous l’appeler. Emmenez-moi là-bas afin que je puisse vous prendre dans mes bras. Et je mens, Anaïs lorsque je vous dis que je ne veux pas vous vénérer. Vous attendiez vous à ce que je vous dise tout cela ?

Extrait de lettre d’Anaïs Nin

Louveciennes Le 9 mars 1932

Henry,

J’aime en vous cette douceur étrange, traitresse, qui se transforme toujours en haine. Comment vous ai-je choisi ? Je vous ai vu, de ce regard intensément sélectif – J’ai vu une bouche qui était à la fois intelligente, animale et douce… Curieux mélange : un homme humain, avec une conscience sensuelle des choses – j’aime la conscience –, un homme, je vous l’ai dit, que la vie enivrait. Votre rire n’était pas. un rire capable de blessé, il était riche et moelleux. J’avais chaud, j’étais étourdie, et je chantais intérieurement. Vous disiez toujours les choses les plus vraies, les plus profondes–lentement–et vous avez une façon bien à vous de parler, un peu comme un homme du Sud–en traînant sur les mots, toujours parti dans votre propre voyage intérieur– une voix qui m’a touché. Juste avant de vous rencontrer, comme je vous l’ai dit ,j’avais voulu me suicider. Mais J’attendais de vous rencontrer, comme si cela pouvait résoudre quelque chose–et ça marché. Quand je vous ai vu, je me suis dit : voici un homme que je pourrais aimer. Et du coup je n’avais plus peur de mes sentiments.

 

Remerciements :

 

Michel Dossetto pour le regard extérieur Magali Solignat pour les idées magiques Michel Sossat pour les photos

Joana Cauwel pour l’affiche

Luc et Laurent , Omar et Sophie , Pierre, Agnès…

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